Ma Vie New Yorkaise

Tomber amoureux comme je suis tombée amoureuse de la ville de Lou Reed

San Francisco - Février 2017

Sur les routes de la ville des Beatniks et des Hippies

Reviews de mes dernières lectures

On ne lit jamais trop, on ne lit jamais assez

Bollywood

Mes avis sur des films du cinéma Bollywoodien.

dimanche 30 avril 2017

Los Pollos Hermanos débarquent à NYC



Vous savez pourquoi j'aime autant vivre à New York? Parce qu'il y a toujours quelque chose à voir, à faire, à découvrir. C'est la ville la plus riche culturellement dans laquelle j'ai eu l'occasion de vivre. Au début du mois, au beau milieu du quartier de Wall Street, un Pop Up du restaurant fictif de Breaking Bad - ma série préférée - et de Better Call Saul, Los Pollos Hermanos, a vu le jour pendant deux jours. Le Dimanche 9 Avril et le Lundi 10 Avril, de 11h à 20h, le restaurant a ouvert ses portes aux 243 Pearl Street.


Le restaurant a été reproduit à l'identique, reconstruit parfaitement. J'avais l'impression d'être projeté dans la série. J'y suis allée le Lundi en début d'après-midi parce que la veille, les gens avaient attendu dans les quatre heures et je me voyais pas faire pareil. Toute fois, j'ai quand même passé une heure pour pouvoir entrer. Mais ça allait parce que l'ambiance était super sympa avec tous ces fans, de tout âge à ma grande surprise, et on papotait en patientant et en contemplant le restaurant et la mascotte de Los Pollos Hermanos. 
Une fois à l'intérieur, la surprise était encore plus grande parce que je vous assure, j'étais transportée dans le véritable restaurant. On nous a offert un verre d'eau accompagné des célèbres curly fries avec une sauce au choix. C'était délicieux. Le personnel était agréable et tout aussi excité que les fans ayant attendu des heures pour y entrer. Je vous laisse constater par vous même avec quelques photos que j'a pu prendre.





 

samedi 29 avril 2017

Je (ne) peux (pas) voter


Résultats de recherche d'images pour « caricature élections présidentielles 2017 le pen macron »

JE VOTE
TU VOTES
NOUS VOTONS
VOUS VOTEZ


Il y a quelques semaines, j'ai décidé de m'éloigner des réseaux sociaux. Je me suis sentie comme prise au piège et j'avais besoin de prendre le large. Posséder un compte facebook quand vous vivez à plus de 6000 kilomètres de l'endroit où vous avez grandi et où la plupart des gens que vous aimez se trouvent, parait être la meilleure des manières de garder le contact. Plus personne n'a envie d'écrire de belles lettres comme il y a quelques années, à part moi. J'en écris beaucoup trop peut être. Mais pour des raisons personnelles et après un ras le bol général, j'ai désactivé mon facebook, mon compte instagram et le reste. J'ai repris instagram il y a peu mais c'est tout. Je crois d'ailleurs que m'être éloignée de tout ça a été bénéfique. Surtout lorsqu'on voit la situation actuelle de la France et de ses présidentielles. 
Je ne vais pas faire de politique. Je n'ai pas les outils adéquats pour cela dans un premier temps et puis, sincèrement, à l'heure actuelle, cela ne m'intéresse pas. Je suis française et j'ai beau vivre à New York, j'ai pris le temps de m'inscrire sur les lises électorales dès 2016, afin de pouvoir voter depuis les Etats-Unis. Parce que c'est mon droit. Et mon devoir. Je ne me voyais pas ne pas voter. Je ne pouvais tout simplement pas concevoir cela. Alors j'ai passé mon Samedi après-midi dans un bureau de vote car avec le décalage horaire, nous avons dû voter ici, le Samedi et non le Dimanche. C'était déstabilisant pour moi de me retrouver au beau milieu d'un groupe de français aussi nombreux. Je n'avais pas vécu ça depuis l'année dernière. C'était surréaliste. Parfois, il m'arrive de croiser des touristes français qui sont en vacances à NYC mais cette fois là, il y avait beaucoup de français au même endroit et c'était surréaliste pour moi. Mais le plus étrange, c'est de devoir attendre autant de temps pour voter. Vraiment longtemps. 
Et puis le lendemain, à 14h, heure américaine, et 20h, en France, j'étais devant France 2, sur mon ordinateur, attendant les résultats. Autant vous dire que ça a été un choc. J'étais surprise et dégoutée pour tout vous dire. Alors oui, je sais ce qu'on va me dire - parce que j'y ai eu le droit "Tu ne vis plus en France alors ne commence pas à te plaindre". C'est bien beau de me balancer ça à la figure mais ai je vraiment besoin de rappeler le fait que je suis née en France? Que j'y ai vécu vingt-deux ans? Non. Et même si je suis à l'autre bout du monde aujourd'hui, je rentrerai l'année prochaine. Et ce n'est pas pour ça que je dois me retrouver avec un président/une présidente détestable. Parce que c'est ce qui va arriver. J'ai toujours voter à gauche, parce que mes idées sont proches du parti alors quand je suis confrontée au vote du second tour, pardonnez moi d'avoir envie de vomir. 
Je dois vous dire que l'idée de ne pas aller voter au second tour m'a traversé l'esprit. Est-ce utile d'y aller quand tu ne te sens pas proche de l'un des partis? Je sais qu'on me dit d'aller voter pour faire barrage à l'extrême droite mais voter pour le candidat adverse alors que je me sens complètement à l'opposé de son programme, cela revient à être hypocrite dans le sens où je n'ai pas envie de lui donner ma voix. Ni à lui, ni à la droite. Ai je envie de perdre mon après-midi de libre pour voter? Sincèrement je l'ignore. Voter blanc? Choisir entre la peste ou le choléras? Voilà à quoi j'en suis réduite.

Playlist du Moment #10




Playlist #1
New York

Quand je suis arrivée à NYC, les deux premiers gros achats que j'ai effectué tournaient autour de la musique puisque j'ai acheté une guitare acoustique et une platine. Il est impossible pour moi de ne pas avoir une platine et j'ai déjà accumulé beaucoup trop de vinyles - il faut dire qu'ici, il y a pas mal de coins où s'en procurer mais ça, je vous en parlerai dans un autre article. Je me suis dit que ce serait sympa de partager une playlist New Yorkaise. Je reprends les titres que j'ai écouté en boucle pendant le voyage Paris-NYC ainsi que les morceaux que j'ai beaucoup écouté les premières semaines. Vous pouvez accéder aux titres en cliquant dessus. 






Je n'ai pas mis énormément de titres comme vous pouvez le voir car j'ai préféré centré vraiment la playlist sur les titres que j'ai écouté en boucle. Certains sont des artistes de New York, d'autres non mais chacun de ces morceaux a une signification bien particulière à mes oreilles et me rappelle un moment spécial. 






✎ Review - A Life in Parts, Bryan Cranston




Sortie Américaine : 11 Octobre 2016

“I will pursue something that I love -- and hopefully become good at it,
instead of pursuing something that I'm good at -- but don't love.”

Bryan Cranston landed his first role at seven, when his father cast him in a United Way commercial. Acting was clearly the boy’s destiny, until one day his father disappeared. Destiny suddenly took a backseat to survival. Now, in his riveting memoir, Cranston maps his zigzag journey from abandoned son to beloved star by recalling the many odd parts he’s played in real life—paperboy, farmhand, security guard, dating consultant, murder suspect, dock loader, lover, husband, father. Cranston also chronicles his evolution on camera, from soap opera player trying to master the rules of show business to legendary character actor turning in classic performances as Seinfeld dentist Tim Whatley, “a sadist with newer magazines,” and Malcolm in the Middle dad Hal Wilkerson, a lovable bumbler in tighty-whities. He also gives an inspiring account of how he prepared, physically and mentally, for the challenging role of President Lyndon Johnson, a tour de force that won him a Tony to go along with his four Emmys. Of course, Cranston dives deep into the grittiest details of his greatest role, explaining how he searched inward for the personal darkness that would help him create one of the most memorable performances ever captured on screen: Walter White, chemistry teacher turned drug kingpin.

 S'il y a bien un genre de livres que j'ai évite c'est celui des biographies. C'est assez difficile à comprendre pour certains mais je suis exaspérée et ennuyée par ces livres et j'en lis ainsi que très rarement. Les exceptions vont à des artistes que j'admire énormément et qui méritent d'être lu. J'ai lu en 2016 deux biographies qui sont sorties quelques mois/semaines après mon arrivée à New York et je les ai vite acheté chez B&N lors de leur sortie. Il y a eu celle de Bruce Springsteen et celle de Bryan Cranston. Je vous parlerai du bouquin du Boss ultérieurement mais pour commencer, on va parler de l'oeuvre de Bryan. 
Autant débuter tout de suite en vous disant que cette autobiographie est la meilleure autobiographie que j'ai pu lire. Certes, je n'en ai pas lu des masses mais j'en ai assez lu pour pouvoir en juger et la Bryan Cranston a mis la barre très haute ici. Quand j'ai appris que l'acteur que j'admire tant allait sortir son livre, j'étais curieuse. Pas impatiente ou excitée à l'idée de le lire mais curieuse. Je me demandais ce qu'il allait bien pouvoir raconter. Ce que j'entends par là c'est que j'ai grandi en regardant la série Malcolm sur M6 dans laquelle il incarnait mon personnage préféré, celui de Hal, le père complètement loufoque de la famille mais qui m'a tellement fait rire puis je l'ai redécouvert dans le rôle de Walter White dans Breaking Bad mais c''était tout ce que je connaissais de lui. Ces deux rôles. Je l'avais bien sûr vu dans des films où il était toujours aussi excellent mais en commençant ma lecture, j'étais dans le flou total. J'ignorais tout de sa vie. Et je ne m'attendais pas à être autant emportée par ses écrits.  
Bryan Cranston sait écrire. Il faut vraiment que je mentionne ce fait car de nombreuses célébrités se font aider pour raconter par écrit leur histoire et lorsqu'elles ne sont pas épaulés par un co-écrivain, leur style n'est pas forcément transcendant. Ici, je ne vous cache pas que c'est ce qui m'a complètement émerveillée. Son écriture. On est dès les premières pages, dès la toute première page, captivé. Il a réussi le pari. A peine avais je commencé que j'étais déjà accroché à mon livre, prête à le lâcher qu'à la fin. Son style est très bon. Il n'est jamais tombé dans le cliché du gars célèbre qui raconte et blablate sur sa petite vie. 
Comme tant d'autres, cet acteur gagnant de plusieurs prix comme des Emmys n'a pas grandi avec une cuillère en argent dans la main. Au contraire, on découvre la vie d'un enfant puis d'un adolescent qui a vécu de galères en galères jusqu'à son âge adulte avec un père absent et une mère s'évertuant à faire de son mieux. Il a eu de tas de jobs différents et j'ai adoré lire ses histoires sur ses expériences passées et ses voyages. Les anecdotes ne sont pas en reste - qui aurait imaginé que notre Walter White aspirait à être policier? J'ai adoré les passages sur la série Malcolm et découvrir les journées type - et épuisantes! - sur le set de Breaking Bad. 
Je ne vais pas tout vous raconter mais j'ai été particulièrement touché par son histoire. Découvrir sa vie, son parcours, ses rôles, qui l'ont amené au point culminant de sa carrière à savoir jouer dans Breaking Bad, est quelque chose d'intéressant et d'inspirant à lire. J'ai apprécié son humour au long de son récit. J'ai eu l'impression d'être entrain d'écouter un vieil ami. C'était tout simplement agréable. Il est vrai, sincère, notamment quand il parle par exemple de la façon dont la séparation de ses parents ont affecté sa vie et celle de la fratrie. J'ai eu mal au coeur pour le petit Bryan. Si vous aimez l'un des rôles incarnés par Bryan Cranston, je vous conseille fortement de le lire. Je vous conseillerai toute fois d'attendre d'avoir au moins vu la série Breaking Bad pour le lire si ce n'est pas le cas car le roman contient quelques spoilers sur la série. J'ignore si le livre sera disponible en français en revanche mais il vaut le détour. Vraiment.

▨ Top of the Rock Observation





Top of the Rock Observation 
Rockefeller Center
30 Rockefeller Plaza
New York, NY 10020

PRIX
26/32$


Il est à présent temps que je partage avec vous les différents lieux que j'ai eu l'occasion de visiter depuis que je vis ici. Pour commencer, je vais inaugurer la série des Building avec le premier que j'ai visité à savoir le Top of The Rock Observation alias le Rockefeller Center. Il faut que je vous précise avant de commencer que je suis une fervente fan d’architecture, ça me fascine et pour moi, il était évident qu'une fois à New York, je me devais de voir un maximum de ces monuments d'architecture. Et par voir, je veux dire, pouvoir monter jusqu'en haut et admirer la vue depuis ces derniers. Avant tout, il est important de parler du Rockefeller Center. C'est un très grand complexe commercial et qui se compose de dix neuf bâtiments. En plein coeur du Midtown. 

Comcast Building

Le Comcast building, anciennement appelé GE building (1988 à 2015) et RCA building de 1933 à 1988, est l'un des gratte-ciel les plus célèbres de New York. Construit en style Art déco, au cœur du Rockefeller Center et de Midtown dans l'arrondissement de Manhattan, il mesure 259 mètres de hauteur et comporte 70 étages. Il est le huitième immeuble le plus haut de New York. Le GE Building a été achevé en 1933. Le GE Building se trouve au centre du Rockefeller Center. Il en est la pièce maîtresse par ses dimensions et son emplacement.  Son architecture est l'une des plus originales de Manhattan. Conçu comme une lame effilée, l'une de ses particularités est d'avoir un toit plat, sans flèche, ce qui le différencie des autres tours Art déco construites dans les années 1930, comme l'Empire State Building et le Chrysler Building. Le toit plat est conçu pour ressembler au pont d'un paquebot. Les lignes verticales et les décrochements amplifient l'impression de hauteur et d'élancement, particulièrement prononcée lorsqu'on regarde l'édifice depuis Rockefeller Plaza. Le décor noir et beige du GE Building est mis en valeur par un éclairage théâtral la nuit. Au sommet de l'édifice sont apposées les lettres GE pour General Electric. Les principaux matériaux utilisés sont le granit, le calcaire de l'Indiana et l'aluminium. La plate-forme d'observation, au sommet du gratte-ciel, est à nouveau ouverte au public depuis le 1er novembre 2005. Surnommée Top of the Rock, elle était fermée au public depuis 1986 afin de permettre la rénovation du Rainbow Room. Elle offre un point de vue sur New York qui rivalise avec celui du 86e étage de l'Empire State Building.

La première fois que je m'y suis rendue, c'était en Août et c'est ainsi le premier Building depuis lequel j'ai pu admirer la vue sur la ville. C'était incroyable. Il pleuvait et il y avait énormément de monde donc impossible de prendre de superbes photos. J'étais en tong et je glissais sur la plateforme et j'avais une peur bleue de casser mon appareil en tombant. Ce que j'ai particulièrement aimé c'est d'avoir cette superbe vue sur Central Park et sur l'Empire - je vous posterai mon prochain article sur ce dernier. Par contre, il y avait des vitres - ce qui est normal vous me direz - même sur la "terrasse" donc les rares photos potables que j'ai pu faire, je les ai fait en prenant l'appareil et en le calant dans les fissures séparant les vitres entre elles. Mais le résultat bien qu'imparfait, me plait. Donc je partage les photos avec vous.




L'Empire State Building flouté par la pluie






Ma préférée






Et voilà je termine avec les deux photos de ma petite personne 
au top of the Rock. J'ai préféré prendre des photos à la vue
plutôt que de faire des selfies comme la majorité des gens présents
Ce que je comprends vu la beauté de la vue.

Sur la route (de San Francisco) - Février 2017



Après avoir économisé pendant plusieurs mois, j'ai décidé qu'il était temps de profiter de ma première semaine de vacances pour m'envoler vers la Californie et la ville de San Frrancisco dont je rêvais depuis si longtemps. Et plutôt que de vous faire un résumé bateau, je préfère partager avec vous, quelque chose que j'ai écrit alors que j'étais à San Francisco puis dans l'avion, pour rentrer à New York. Ce que j'ai ressenti était différent de ce que j'espérais, de ce que j'imaginais. Cela n'implique bien sur que moi, peut être qu'un jour, je reviendrai dans cette ville, accompagnée et que mon avis changera. Je dis pas qu'il était totalement négatif mais pas entièrement positif en tout cas. Je n'ai pas pris le temps de relire ce que j'ai écrit, donc pardonnez les fautes, car il doit y en avoir, ça a été écrit dans le rush.


San Francisco


Demain, je quitte la côte ouest, la Californie et San Francisco. Je suis mitigée. Je ne sais pas si je suis triste, heureuse ou dépitée à l'idée de partir. C'est un sentiment nouveau, inattendu et déconcertant. Tout ce que j'avais espéré s'est avéré être différent de mes attentes et de mes envies. Mais en même temps, je ne pense pas pouvoir mettre le mot « Déception » dessus. Je crois que mon erreur a été d'avoir beaucoup trop attendu avant de venir ici ce qui a renforcé mes attentes qui étaient en fin de compte trop élevées. Beaucoup trop. J'imagine que j'étais tout bonnement coincé avec ce stéréotype du San Francisco décrit par Jack Kerouac dans ses écrits mais pas uniquement, rajoutons le mouvement hippie et les belles images vendues par les médias, et vous vous retrouvez avec de trop hautes espérances. J'ai peur d'admettre avoir été déçue parce que ce ne serait pas totalement vrai mais ça ne signifie pas pour autant que c'est faux. Je suis perplexe encore aujourd'hui, sachant que je m'envole demain pour San Francisco. C'est pour cela que je dois écrire. Mon ressenti n'en sera plus que réel et renforcé. Je pensais que j'allais passer mon temps à traîner sur Haight Asbury mais je n'y pas passé plus qu'une matinée en réalité. Ils ont capitalisé et monétisé le mouvement hippie, de quoi vous en dégoûter de l'endroit. Mais reprenons depuis le début. Je suis arrivée Samedi, aux alentours de vingt-et-une heure, ce qui signifie que j'ai mis au moins deux bonnes heures après que l'avion ait atterri dans la baie pour rejoindre mon auberge de jeunesse. Ma toute première impression de SF, disons le clairement, n'était pas positive. Absolument pas même. Alors que je sortais du BART, une sorte de métro à City Center, et que je longeais les longues rues sinueuses et en pentes de la ville, j'ai été frappé par le nombre incalculable de personnes sans abris qui s’agglutinaient sur les trottoirs. Ce n'était pas beau à voir. Je ne suis pas idiote, je sais très bien que c'est un fléau réel qui frappe toutes les villes, je ne suis pas surprise mais ce qui m'a choqué ici c'est le nombre. Il y en avait trop. Beaucoup trop. Et comment penser pouvoir profiter pleinement de mes vacances en établissant ce constat ? Comment me réjouir d'être ici quand je croise tous les deux mètres, une personne au visage triste comme si tout espoir avait quitté son existence ? J'essaie encore de comprendre. Je me suis sentie coupable. Je sais bien que je ne devrai pas car il s'agit là des premières vacances que je m'accorde depuis au moins deux ans ou trois et j'ai économisé six mois pour pouvoir m'accorder ce privilège. Mais voilà, je n'ai pas pu m'empêcher de me voir comme étant privilégiée alors que je ne le suis point. Ma conscience me dévore encore maintenant alors que je suis avachie sur ce fauteuil confortable dans cette auberge de jeunesse plus que chaleureuse. Parce que je suis au chaud. Je ne peux pas m'empêcher de tourner la tête vers la grande vitre sur ma droite pour contempler la rue Ellis. De temps en temps, je vois un ou deux individus que je sais être sans abris et mon estomac se sert encore plus fort. Je me sens impuissante.

Peut être que c'est la raison principale de mon absence d’enjouement vis à vis de la ville. Je l'ignore. Rajoutons à cela le temps pourri - j'ai décidé de surnommer San Francisco, la Lunatique. J'ai eu droit à de la pluie tous les jours et même aujourd'hui alors qu'il faisait super beau, et que je profitais des rayons du soleil en marchant sur Pier, il s'est soudainement mis à pleuvoir. Là, comme ça, d'un coup alors que je portais mes lunettes de soleil cinq secondes plus tôt. C'est une combinaison de plusieurs facteurs, la pauvreté aux quatre coins des rues, le temps affreux et mes attentes trop élevées. Voilà, mystère élucidé, le voile est levé. J'avais fait une liste de tous les endroits où j'aspirais à me rendre durant mon séjour. Ce n'est pas vraiment pour planifié mon voyage, je ne fais jamais ça mais c'est plus des indications de choses que je sais vouloir voir pour me guider dans mes visites. J'ai tout vu, ou presque. Tiens, je vais procéder à un top des, soyons fous, cinq lieux que j'ai préféré voir ou visiter au cours de mon séjour. En premier, je vais commencer en parlant bien évidemment de ma visite sur le Rock, l’île de Alcatraz. Apprécier la visite de cette ancienne prison fédérale peut avoir l'air glauque et étrange même mais sincèrement, je sais que dans dix, vingt ans, je me souviendrai toujours d'avoir arpenter les coins de la prison, pénétré dans une cellule sombre dans laquelle un homme ne pouvait même pas s'étirer tant elle était semblable à une cage et encore, le mot est sympa, contemplé la vue sur San Francisco depuis le rocher tout en m'imaginant ce que ressentaient les prisonniers à l'époque lorsque eux même la regarder ? Les regrets qu'ils avaient, les craintes de ne jamais quitter cette île, et peut être l'espoir d'être libre, un jour ? Attention, je ne parle pas de tous les criminels, je n'éprouve pas de la sympathie à l'égard de chacun d'entre eux mais pardonnez moi d'en éprouver pour ces jeunes hommes enfermés dans de telles conditions pour un temps aussi long pour un « simple » braquage de voitures. Cela pousse à la réflexion. Ma visite s'est terminé par la rencontre avec un ancien prisonnier qui était là pour dédicacer son roman sur sa vie passée à Alcatraz. J'ai trouvé ça dingue. Il a 84 ans, si je me souviens bien mais j'ai pu voir la tristesse dans son regard lorsque je lui ai demandé ce que cela lui faisait de revenir sur ce lieu rempli de mauvais souvenirs, ou pire, de le voir s'être transformé en une attraction touristique ?

Le premier endroit où je voulais me rendre aussi con que cela puisse paraître, c'était le le coin de la Beat Generation. Après tout, c'était la raison principale de ma venue ici, non ? Malgré la forte pluie et ma fatigue, Dimanche matin, et plutôt que de me rendre à l'église pour voir ce fameux gospel dont j'ai tant entendu parler, je suis allée au carrefour Beatnik. C'est comme ça que je l'appelle. Parce que c'est un carrefour, tout simplement et qu'en vous mettant au milieu de ce dernier, tout d'abord, vous risquez de vous faire faucher mais vous avez d'un côté le Vesuvio, l'allée Jack Kerouac, le City Light Bookstore et de l'autre, le Beat Museum – et un peu plus loin un restaurant portant le nom d'un de mes livres préférés, The Naked Lunch mais on s'en balance parce que c'est seulement une manière juteuse de profiter du mouvement Beat en utilisant ce nom. Autant dire qu'il était hors de question que j'y mette les pieds et pas seulement parce que ça avait l'air d'être un endroit pour les blindés. Il y a temps à dire sur le sujet, sur mon trip Beatnikien – ça claque comme nom, non ? - que je me demande si je ne vais pas y consacrer toute une page, ultérieurement. J'ai dû mal à synthétiser, j'ai plutôt la fâcheuse tendance de m'étendre et de blablater encore et encore. J'aime les détails, parfois. J'ai peur d'oublier alors j'écris. Quand j'étais plus jeune, je me demandais souvent ce que je ressentirai dans le cas hypothétique où je deviendrai amnésique. Pire que ça, il m'arrivait de vouloir le devenir, pour redécouvrir certaines choses pour la première fois. Relire ce roman à nouveau pour la première fois, découvrir The Doors et retomber amoureuse de la poésie et du talent de Jim Morrison étaient les deux premiers exemples que j'avais en tête en pensant à ça. L'adolescence...J'avais même parlé de ça aux personnes dont j'étais le plus proche et je leur avais fait savoir ce que je voulais qu'ils fassent si ça venait par arriver. Bien sûr, ce n'a jamais été le cas et aujourd'hui, je ne sais même plus si je suis tentée par cette expérience, peut être qu'une part de moi l'envisage encore un peu? Je recommence à m'égarer. Je fais toujours ça et mon récit devient complètement incompréhensible après ça. C'est énervant. Pas tellement pour moi, ça me ressemble, j'y suis habituée mais pour ceux qui le liront ensuite. A peine avais je écrit ces mots que je pensais déjà à les effacer. Personne ne lira ça à part moi. J'ai arrêté d'envoyer ce que j'écris aux autres et ce depuis fort longtemps. Thibault les lit encore mais c'est plus par habitude plutôt que par intérêt. Il m'a dit un jour ne jamais désirer venir aux Etats-Unis, il déteste pratiquement tout ce que j'aime. Encore pire, il méprise tout ce que j'affectionne en pensant des Beatles aux Doors à Jack Kerouac et le chocolat. Les opposés s'attirent, c'est une vérité? Arrêtons les bavardages et revenons à San Francisco. Oh et puis non, je suis fatiguée et je manque de force. J'essaie de m'épuiser dans le but de dormir demain dans l'avion mais ce n'est pas la meilleure des idées que j'ai eu. Ça va simplement me fatiguer à un tel point que je vais comater pendant trois jours une fois de retour à New York. Ah, dernier point, je suis tellement pressée de rentrer à la maison. Je considère la Grosse Pomme comme la maison, ça y est. Je m'y sens tellement bien et je n'ai pas ressenti ça ici, pourtant je pensais que cette ville allait me convenir et que je regretterai même de rentrer. Je suis en un sens, soulagée de constater à quel point j'avais tort. Pour une fois. Il est temps que je tire ma révérence. Je terminerai d'écrire ce torchon insensé demain, pardon, toute à l'heure, dans l'avion. Si je ne m'endors pas avant. O espoir.




Quelque part après la Sierra Nevada,



Je suis enfin dans l'avion. Je suis soulagée de rentrer tout en étant épuisée et légèrement affamée. J'ai la dalle. Mais je préfère garder mon argent, parce que je sens que je vais en avoir besoin pour payer mon taxi. Ou alors je marcherai. Mais bon, me balader pendant quarante minutes avec ma valise, mon sac à dos et ma sacoche d'ordi au beau milieu de la nuit à New York, c'est pas tellement judicieux. J'ai acheté tellement de conneries – c'est la faute à China Town. J'y ai passé beaucoup trop de temps, pratiquement la majeure partie de mon temps à San Francisco d'ailleurs. La culture asiatique m'attire beaucoup et vu que je suis tout le temps dans le quartier de China Town à New York quand je ne suis pas à Greenwich ou à Williamsburg, il fallait se douter que j'allais être comme aimanté à ce quartier chinois qui est d'ailleurs le plus grand des Etats-Unis, et du monde en dehors de la Chine (merci wikipedia!). Et puis, j'ai toujours adoré les films de Bruce Lee (attendez que je termine ma phrase avant de commencer à parler de clichés), alors savoir que cet homme que j'admire autant est né là, ça ajoute une dimension particulière. J'ai parlé avec maman au téléphone alors que j'attendais d'embarquer. On a dû parler au moins deux heures et elle est d'accord avec moi, il est inutile que je reste deux ans aux USA. Un an et demi me paraît parfait. Après, j'ignore précisément ce que je vais faire mais j'ai bien quelques idées en tête. Je vais rester quelques semaines en France puis je partirai. Florence me tente beaucoup. Lisbonne me correspond également. Il fait beau, chaud, il y a la plage, les artistes s'y rendent tous et la scène musicale est à son apogée. Je ne parle même pas de la simplicité des gens, c'est fait pour moi. Du moins, pour un temps. Je dois également postuler aux Emirates. S'ils me prennent, je pourrai envisager l'optique d'être hôtesse de l'air. Je ne sais pas. J'ai rencontré un couple de français au moment d'embarquer, ils vivent à New York et m'ont demandé s'ils avaient été les seuls à avoir un sentiment de déception – ils ont même mentionné le mot dégoût – en parlant de San Francisco. Autant dire que j'étais contente tout comme eux, de constater que notre opinion était similaire. Bien que comme je l'ai dit, il y a quelques points positifs. J'ai adoré Chinatown, j'ai adoré les coins Beat, les gens que j'ai rencontré comme Anthony à l'auberge qui m'a initié à l'art du thé (un punk gothique qui a grandi à Chinatown), tous les gens dans les Uber que j'ai pris comme ce gars hier qui a fait 1,06 mile en 25 minutes parce qu'il discutait avec moi de poésie, Alcatraz, Pier, le musée mécanique...Donc je ne suis pas non plus dégoûtée mais j'attendais plus. Surtout quand je sais que j'ai économisé pendant autant de temps pour m'accorder ce privilège. Peu importe. Avant de rentrer en France, je dois aller à Boston (en Mars), Washington (en Avril), Miami (en Mai), La Nouvelle Orléans (Juin) puis Chicago, Los Angeles (et encore, je ne suis pas convaincue), Las Vegas (idem que pour L.A), Portland, et Chicago. En dehors des USA, je veux à tout prix me rendre à Cuba. J'en rêve mais le problème c'est qu'il y a des restrictions vis à vis des résidents sur le sol américain ce qui signifie que même en étant française, je subis directement les conséquences de l'ancien Embargo. Je dois, pour me rendre à La Havane, justifier mon voyage. C'est à dire qu'il doit entrer dans une catégorie particulière autre que touristique, par exemple je dois pouvoir montrer que j'y suis pour une raison familiale, associative ou instructive. Mais je vais bidouiller quelque chose. Je vais pas manquer cette opportunité.